25 Mars 2021

La plume et le sabre

Nos écrits sont le reflet de notre pensée.

Sur ce blog, je vais parler d’écriture, d’écriture au sens large, donc je vais aussi (par la force des chose) parler de moi. Mais aujourd’hui, pour ce premier article, je ferai l’inverse : vous parler de moi, de ce qui m’anime, et donc de ce qui anime mes mots.

Pourquoi ce titre, « la plume et le sabre » ? Parce que ces outils représentent les deux activité qui me tiennent le plus à cœur. L’écriture et les histoires évidemment (vous aurez le temps de vous en rendre compte), et les kobudo de l’école Katori. Laissez-moi vous en dire quelques mots.

Iai goshi, par Lionel Oudart (source)

Tenshin shōden katori shintō-ryū, une ancienne école japonaise (1447) qui regroupe plusieurs kobudo (voie des armes anciennes) dont le principal est le kenjustu : le maniement du sabre. Cette école est très fortement liée à l’aspect traditionnel de la pratique martiale, même si elle est enseignée différemment en fonction des professeurs.

Pour ma part, j’ai eu la chance d’apprendre au sein de l’AIRBJ (Académie Indépendante de Recherche en Bu Jutsu, anciennement AIBJ) où l’accent culturel et traditionnel était aussi important que la pratique elle-même. Les sensei (professeurs) cultivaient et transmettaient une grande discipline, autant le sabre à la main que dans tout ce qu’il y avait autour, notamment concernant le respect et la bienveillance envers soi et les autres. Nous n’étions pas là pour nous blesser, ni physiquement, ni spirituellement.

La pratique de cet art martial a eu un énorme impact sur ma façon d’appréhender la vie, et donc aussi l’écriture. J’essaye au mieux de m’imprégner et de travailler ces enseignements pour les appliquer à mon quotidien. Dans les divers articles et textes que je mettrai sur ce blog, il y aura forcément la marque de cet héritage, pour le meilleur j’espère.

Mais maintenant il reste une question en suspend : pourquoi commencer un blog sur l’écriture par un article autant éloigné du sujet ?
La réponse est simple, il s’agit d’un hommage.

Lionel Oudart devant son shinzen. (source)

Le matin du 19 mars 2021, Lionel Oudart sensei nous a quitté. Il était le référent technique de l’AIRBJ, celui qui nous a tous guidé sur la voie du Katori qu’il avait apprise auprès de Yoshio Sugino O sensei. Il nous aura transmis connaissance, sagesse et joie, et je ne saurais assez l’en remercier. Je conclurai cet article par un message d’au revoir que j’ai écris à son intention.


Je me souviens d’un mondo durant lequel tu nous as raconté la forte impression que t’avais laissé Sugino O Sensei. Tu nous avais dit : « En côtoyant Sugino Sensei, je me suis dit que j’aimerais devenir un grand père comme lui. »
Je ne sais pas si tu as réussi, mais je sais que moi, parce que je t’ai connu, j’aimerais un jour devenir un grand père comme Oudart Sensei. Un grand-père comme toi.

Au revoir Lionel.

Un pétale naissant,
Au pied de l’if immortel.
Souffle dans le vent.